Franco, Ottawa ...à suivre

Andrew infecté à l'âge de 18 ans, Ottawa

Leahann, Vancouver

Chantal, infectée à l'âge de 19 ans, Montréal

Tabby, 27 ans, infectee à l’âge de 20 ans, de Toronto
Anonyme, infecté à l’âge 18 ans, de Montréal
Hilary, infectée à l’âge de 17 ans, de Toronto

Tabby, 27 ans, infectée à l’âge de 20 ans, de Toronto

Je viens du sud de l’Afrique et je vis avec le VIH depuis 1998. J’ai
maintenant 28 ans et je suis la mère de deux petits enfants que j’adore !

Je n’ai aucun regret, mais il y a quelques décisions que j’ai prises que je
ne prendrais pas de la même façon aujourd’hui. Je crois qu’on obtient
habituellement Ia vie qu’on se fait. Mon enfance a été merveilleuse et mes
parents m’ont offert toutes les meilleures possibilités. Je les en remercie
tous les soirs.

Pendant ma troisième année de collège, je suis tombée malade et j’ai dû
manquer mes cours pendant un mois. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.
Je me souviens seulement que je me sentais très faible, j’avais de la
misère à marcher et mon appétit était parti. Mais ma famille m’a forcée à
manger et à terminer tous mes repas. J’étais dans une relation avec un
homme à cette époque. Je suis sortie avec lui jusqu’à mon départ pour le
Canada. C’était une personne merveilleuse et j’étais follement amoureuse de
lui. J’espérais me marier avec lui un jour.

Quand j’étais malade, mes parents ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour
m’aider. Ils m’ont envoyée voir plusieurs spécialistes. C’est surprenant,
mais aucun d’entre eux ne savait ce que j’avais. Finalement, je suis allée
voir ma médecin de famille. Elle m’a dit que j’avais un petit virus dans
mon sang et que je serais obligée de prendre des médicaments spécifiques
pour le reste de ma vie. J’ai demandé plus d’information, mais elle a
répété que c’était un petit virus et qu’il n’y avait pas lieu de
m’inquiéter. Je ne la blâme pas de ne pas avoir été plus spécifique parce
que mes parents avaient sans doute pris cette décision pour moi parce
qu’ils savaient que j’aurais mal réagi à la nouvelle. À cette époque
j’étais beaucoup plus faible sur le plan émotionnel. Mais aujourd’hui je
suis très solide. Advienne que pourra, je serai prête à me battre avec
maturité !

Le jour où j’ai eu cette conversation avec ma médecin, mon chum m’a
reconduite chez nous. Avant de rentrer, il est passé à la pharmacie pour
acheter mes médicaments. Je n’étais pas obligée de penser à mon statut
parce que la pharmacie n’était pas au courant.

Les jours passaient et mon père me demandait souvent si j’avais acheté mes
médicaments, J’ai dit « non » et comme mon état s’améliorait, il a arrêté
de me poser la question. Quelques semaines plus tard, on m’a envoyé les
résultats de mes tests de sang, mais j’ai décidé de ne pas aller chercher
mes médicaments, même après quelques coups de fil de la part de ma médecin.
J’ai décidé que l’ignorance me protégerait et à partir de ce moment, j’ai
commencé à vivre comme une personne séronégative, ce qui veut dire que j’ai
refusé de penser au fait que je pouvais être séropositive pour que je
puisse vivre normalement, même si j’ai commencé à porter attention à ce que
je mangeais.

Un an plus tard, j’ai reçu mon diplôme collégial et j’ai intégré le marché
du travail. Ce fut une bonne expérience pour moi parce je suis devenue
indépendante financièrement, même si j’habitais toujours chez mes parents.

En 2001, j’ai décidé d’aller vivre au Canada. Un mois avant mon départ,
j’ai découvert que mon chum de quatre ans était un prostitué. Il avait
commencé à faire cela au début de son adolescence. Les gens de sa
communauté étaient au courant de ce qu’il faisait. Je me suis posé plein de
questions comme « Comment ça se fait que je ne l’aie jamais su ? » «
Comment pourrait-il me faire ça ? ». Je ne comprenais pas pourquoi il ne
s’était pas confié à moi. Mais j’ai appris qu’il se vendait uniquement aux
hommes. Au début, sa sexualité me dégoûtait. Mais maintenant je crois que
j’ai eu tort d’entrer dans cette relation qui n’aurait jamais dû exister.
Je ne le blâme plus parce que l’homosexualité n’est pas acceptée dans mon
pays d’origine. J’ai commencé à me douter que j’étais séropositive parce
que le VIH était associé à la prostitution à cette époque.

Quelques mois plus tard, après mon arrivée au Canada, mon corps est devenu
très faible de nouveau. J’ai décidé de passer un test du VIH. Quand j’ai
reçu le résultat positif de ce test, je suis enfin parvenue à accepter mon
statut sans aucun doute. J’ai réussi à surmonter le choc dans moins d’un
mois. Le seul problème était que mon médecin ne m’a pas permis de choisir
si je voulais prendre des médicaments ou pas. Il s’est contenté de dire : «
Prends-les et tu vivras ». Il m’a prescrit Sustiva et Combivir et c’était
l’enfer !! J’ai fait des cauchemars et j’étais déprimée.

Pendant cette période, j’ai rencontré l’homme qui allait devenir le père de
mes enfants. Je suis tombée enceinte dans l’espace de quelques mois.
C’était une excellente nouvelle parce que j’avais très envie d’avoir un
enfant. Puis j’en ai eu un autre. J’adore mes enfants. Ils me donnent le
courage de vivre. Je ne me suis jamais sentie déprimée depuis leur
naissance. Mes journées sont pleines de sourires et de rires.

Au début de 2005, j’ai décidé de retourner à l’école pour mettre à niveau
mon diplôme pour que je puisse travailler au Canada. C’est ce je fais
encore présentement. Il est difficile d’être un parent et d’aller à
l’école, mais des fois on la vie que l’on se fait. Alors, je vis la vie un
jour à la fois et passe le plus de temps possible avec mes petits trésors.

Mon message à tout le monde – ne baissez jamais les bras ! Essayez de faire
de votre mieux dans tout et ne prenez pas de décisions spontanées sans
réfléchir aux conséquences – pour éviter les regrets. La vie est trop
courte pour les regrets. À votre santé !!


Hospital for Sick Children University of Toronto Positive Youth Outreach CATIE